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Il est essentiel de nier la pensée sous forme de souvenirs, agréables ou pénibles, et cela à chaque instant de la journée, à mesure qu’ils surgissent.



Un fait que je vois très clairement, c’est que le résidu de toute sensibilité, de toute sensation émousse l’esprit. C’est alors un fait que je rejette mais, d’un autre côté, je ne connais pas l’état d’une extraordinaire sensibilité, où l’expérience ne laisse derrière elle aucune marque, et pourtant, j’ai vu la fleur dans toute sa plénitude, dans son immense intensité. Je vois comme un fait indéniable que toute sensation, tout sentiment, toute pensée, laissent subsister leurs empreintes, modèlent l’esprit et ne peuvent que rendre impossible l’apparition de l’esprit nouveau.

Je vois que d’avoir un esprit empreint de marques, c’est la mort, aussi je rejette la mort. Mais je ne connais rien d’autre. Je vois aussi qu’un esprit bien fait possède la sensibilité sans le résidu de l’expérience. Il passe par une expérience mais celle-ci ne laisse aucune trace susceptible de devenir la cause de nouvelles expériences, de nouvelles conclusions, d’une nouvelle mort.

Une façon de faire, je la rejette, et l’autre, je ne la connais pas. Comment cette transition entre le rejet du connu et l’inconnu peut-elle prendre naissance ?

Comment fait-on pour ainsi nier, rejeter ?

Est-ce que l’on rejette le connu, non pas à l’occasion d’incidents dramatiques mais au cours d’incidents minimes ?
Est-ce que je le rejette quand je me rase le matin et que je me souviens de mon séjour délicieux en Suisse ? Est-ce que l’on rejette le souvenir d’un incident agréable ? Est-ce que l’on en prend conscience pour le rejeter ? Ce n’est pas là un incident dramatique ni spectaculaire, personne n’y prête attention.

Néanmoins, ce rejet constant de petites choses, ces petits coups de balai, ces petits effacements, et non pas une grande négation spectaculaire, c’est cela qui est essentiel.

Il est essentiel de nier la pensée sous forme de souvenirs, agréables ou pénibles, et cela à chaque instant de la journée, à mesure qu’ils surgissent. On ne le fait pas à cause d’un mobile quelconque, et pas pour pénétrer dans un état extraordinaire que l’on appelle l’inconnu.

Réponses sur l’éducation. Le Rejet véritable p 146 à 149



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